Game of Thrones chez les Al Saoud saison 2 : Le Coup d’État royal a eu lieu!

Il y a tout juste un an nous avons publié cet article,  « Game of Thrones chez les Al Saoud : « Coup d’État » is coming », et bien voilà nous y sommes. Saison 2, le Coup d’État royal est arrivé le Mercredi 21 Juin dernier, l’actuel roi d’Arabie Saoudite, Salman ben Abdelaziz, qui rappelons le est atteint de la maladie d’Alzheimer et donc n’a plus toute sa tête, vient de renverser l’ordre de succession au trône en nommant son fils Mohammed à tout juste 31 ans comme l’héritier du trône, le neveu de l’actuel roi et premier dans l’ordre de succession Mohammed Ben Nayef a été évincé et relevé de toutes ses fonctions.

Extrait du décret royal : «Le Serviteur des Lieux Saints, le Roi Salman bin Abdelaziz Al Saoud d’Arabie Saoudite a promulgué, mercredi, un décret royal nommant le Prince Mohammed bin Salman bin Abdelaziz en tant que Prince héritier, en remplacement du Prince Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz». En vertu de ce décret royal, relayé par l’Agence de presse saoudienne, le Prince Mohammed bin Nayef bin Abdelaziz Al Saoud est démis également de ses fonctions de vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur, le poste de vice-Premier ministre revenant au Prince Mohammed bin Salman bin Abdelaziz Al Saoud, lequel conserve aussi ses fonctions de ministre de la Défense ainsi que les autres missions dont il est chargé. »

Soyons certains que dans un avenir très court , le Roi Salmane va très certainement abdiquer ou passer l’arme à gauche…Le Prince et futur Roi du chaos Mohammed Ben Salmane [qui rappelons-le est le responsable de la bousculade meurtrière de Mina en septembre 2015 qui fit des milliers de morts ], devenu aujourd’hui l’homme fort du royaume,  est  à l’origine de la guerre au Yémen qui dure depuis mars 2015 mais aussi  à la source des dissensions secouant la famille royale après une mise à l’écart de nombreux membres de la famille suite à l’accession au trône de son père malade le 23 janvier 2015.

Cette lutte de clans qui s’intensifie de plus en plus pour le pouvoir pourrait bien faire sombrer le pays dans un futur chaos. Afin de bien comprendre les tenants et aboutissants de ce Coup d’État royal, nous vous soumettons deux excellentes analyses de David Hearst sur l’ascension vertigineuse du belliqueux Mohammed ben Salmane au pouvoir et ses conséquences. Il peut être celui par qui viendra la chute des Al Saoud.


Coup d’État royal en Arabie saoudite

Par David Hearst publié le 29 avril 2017

Les machinations visant à installer un prince de 31 ans sur le trône saoudien sont un opéra de Verdi en quatre actes :

Un prince saoudien a besoin de trois sources de pouvoir pour devenir roi. Par ordre d’importance, celles-ci sont les États-Unis, la famille royale et le peuple saoudien, bien que ce dernier forme un troisième acteur éloigné de tout calcul.

Cela a été le cas pour tous les rois saoudiens depuis le 14 février 1945, date à laquelle Franklin D. Roosevelt a rencontré le roi Abdelaziz, fondateur du royaume, sur un destroyer américain dans les eaux du Grand Lac Amer, en Égypte.


Franklin D. Roosevelt et le roi Ibn Saoud d’Arabie saoudite sur le Grand Lac Amer, en Égypte, en février 1945 (Wikicommons)


Lorsque le roi Abdallah est mort le 23 janvier 2015 et que son demi-frère Salmane a accédé au trône, son fils Mohammed ben Salmane n’avait rien à faire valoir. Il était ministre d’État et conseiller de son père, mais il était inconnu à Washington et n’avait que 29 ans. C’était un jeune novice.

Le premier des quatre actes d’un opéra visant à installer Mohammed sur le trône saoudien a alors commencé.

Acte I : Purge royale

Le roi Salmane a purgé les vestiges de la cour d’Abdallah, en commençant par le cardinal Richelieu du feu roi, Khaled al-Tuwaijri, secrétaire général et gardien de la cour royale.

Tuwaijri a été remplacé par le jeune Mohammed, qui est devenu dans le même temps le plus jeune ministre de la Défense au monde. Salmane a installé son frère, le prince Moukrine, au poste de prince héritier et a fait de son neveu, Mohammed ben Nayef, son vice-prince héritier.


Mohammed ben Salmane, vice-prince héritier et ministre de la Défense (AFP)


La chute de Tuwaijri a été une mauvaise nouvelle pour l’homme fort émirati, Mohammed ben Zayed. Tous deux avaient financé et organisé le coup militaire qui a amené Abdel Fattah al-Sissi au pouvoir en Égypte et les trois hommes étaient unis par leur conviction commune que les Frères musulmans, et non l’Iran, représentaient la menace existentielle.

Le pacte entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite a été encore plus endommagé par ce qui s’est produit quelques mois plus tard, en avril 2015, événement qui pourrait être considéré comme l’acte II.

Acte II : L’ascension du fils

Le roi Salmane a évincé son frère, le prince Moukrine, de son poste de prince héritier, le remplaçant par son neveu Ben Nayef, et a fait de son fils favori, Mohammed, le vice-prince héritier. Mohammed a été photographié en train d’embrasser la main de son cousin Ben Nayef. Mais ce n’était qu’une question de temps avant qu’il n’apprenne à la lui mordre.

Le contexte a déjà changé pour le prince héritier, puisque le roi a aboli la cour royale du prince héritier. Jusque-là, le roi et le prince héritier avaient des suites royales distinctes. L’abolition de sa propre cour a laissé à Ben Nayef le ministère de l’Intérieur comme seule base de pouvoir.

Ben Nayef nourrissait une rancune personnelle contre Ben Zayed, qui avait comparé son père à un singe. En outre, Ben Nayef était populaire auprès du Pentagone et de Washington. Il était l’homme de Washington. Très vite, la situation a commencé à s’améliorer pour les puissances régionales qui contestaient les Émiratis, à savoir la Turquie et le Qatar, soutiens des Frères musulmans.

Ben Zayed a pansé ses plaies et attendu son heure. Il a supposé qu’il avait la possibilité de regagner les faveurs de la cour royale par une autre porte, celle qui a été ouverte par Mohammed. Ben Zayed a calculé que Mohammed et lui avaient un ennemi en commun. Avec Ben Nayef en pole position en tant que prince héritier, un obstacle barrait la route de son cousin Mohammed.

Les premières démarches de Mohammed en tant que ministre de la Défense n’ont pas vraiment été du goût de Washington. Il a lancé une intervention majeure contre les Houthis au Yémen pendant que le prince Mitaeb, le ministre de la Garde nationale, était à l’étranger. Le jeune ministre de la Défense s’est taillé une réputation de personnage à l’attitude cavalière. Disparu en vacances aux Maldives, il fallut plusieurs jours au secrétaire à la Défense de Barack Obama, Ash Carter, pour essayer d’entrer en contact avec lui.


Mohammed ben Nayef, vice-prince héritier d’Arabie saoudite, en avril 2016 (AFP)


En décembre de cette même année, le service de renseignement allemand, le BND, a publié une note d’une page et demie inhabituellement franche dépeignant Mohammed comme un joueur téméraire disposant de trop de pouvoir.

Ben Zayed a rapidement réagi. Il s’est arrangé pour qu’un puissant magnat des médias saoudiens serve d’interlocuteur, versant des millions de dollars sur ses comptes bancaires. De par sa propre expérience, Ben Zayed a conseillé à Mohammed d’agir rapidement.

Comme Middle East Eye l’a rapporté à l’époque, Ben Zayed a déclaré à Mohammed qu’il devait mettre fin au règne du wahhabisme dans le royaume et se rapprocher d’Israël.

Ben Zayed a promis d’ouvrir personnellement le canal de communication avec Washington, mais Mohammed devait alors se faire connaître en tant qu’acteur à part entière.

Il a lancé le plus grand programme de privatisation que son pays ait jamais connu. Une campagne de relations publiques a été organisée pour vendre le jeune prince au public occidental dans un langage que l’Occident pouvait comprendre. Mohammed a été dûment représenté comme un jeune-turc, un réformateur impatient.

Des critiques élogieuses ont suivi son premier entretien accordé à The Economist. Le journaliste crédule du New York Times Thomas Friedman a mordu à l’hameçon.

« J’ai passé une soirée avec Mohammed ben Salmane à son bureau, et il m’a épuisé. Dans des sursauts d’énergie saccadés, il a exposé en détail ses plans. Ses principaux projets se concentrent sur un tableau de bord gouvernemental en ligne qui affichera de manière transparente les objectifs de chaque ministère, avec des KPI – indicateurs clés de performance – dont chaque ministre aura la responsabilité. Son idée est de faire en sorte que le pays entier s’engage dans la performance gouvernementale. Les ministres nous disent que depuis que Mohammed est arrivé, de grandes décisions qui nécessitaient deux ans auparavant sont maintenant prises en deux semaines », a écrit Friedman dans son hagiographie.

Mohammed s’est affiché comme un modernisateur. Mais il était également un preneur de risques. Le plus gros risque qu’il a pris lorsqu’il a lancé Vision 2030 n’a pas été sa promesse de privatiser 5 % de la compagnie pétrolière d’État, Aramco, ni même de rejeter la police religieuse.

C’était celle de supprimer les allocations nationales, qui représentent 20 % à 30 % des salaires des travailleurs du secteur public. Comme ce groupe représente les deux tiers de la main-d’œuvre, le murmure du mécontentement a été généralisé. Et celui-ci n’a pas été exprimé particulièrement à voix basse.

Pendant ce temps, Ben Zayed s’échinait à établir une ligne directe avec Washington. De nombreux liens commerciaux avaient déjà été créés entre les Émirats arabes unis et Trump. Un de ces liens s’est présenté sous la forme d’un partenariat entre Trump et le milliardaire de l’immobilier Hussain Sajwani pour un golf situé près de Dubaï, Akoya.

« Nous avons conclu un accord avec Trump en tant qu’organisation ; ils savent comment gérer des golfs, a déclaré Sajwani à Forbes. Nous restons à l’écart de la politique. » Sajwani pensait que la routine habituelle se poursuivrait lorsque son partenaire américain est devenu président. En janvier dernier, Trump a révélé qu’il avait refusé une transaction de 2 milliards de dollars présentée par son ami de Dubaï : « Je n’étais pas obligé de la refuser, car comme vous le savez, je suis dans une situation non conflictuelle parce que je suis président, a déclaré Trump. C’est une bonne chose, mais je ne veux pas profiter de quoi que ce soit. »

À LIRE : Les amis terroristes de Trump

Un mois avant l’investiture de Trump, Ben Zayed s’est envolé en secret pour New York. Il a rompu le protocole en n’informant pas le président américain sortant Barack Obama, dont le personnel n’a appris sa venue que lorsque le nom de Ben Zayed a été découvert sur un manifeste de vol. Selon le Washington Post, Ben Zayed a rencontré le cercle restreint des conseillers de Trump, à savoir Michael Flynn, Jared Kushner et Stephen Bannon.

L’objectif principal de Ben Zayed était d’offrir ses services à la famille Trump. Le frère de Ben Zayed, conseiller à la sécurité nationale des Émirats arabes unis, a organisé une rencontre aux Seychelles entre le fondateur de Blackwater Erik Prince et un Russe proche de Vladimir Poutine. L’idée était d’établir une ligne de communication parallèle entre Moscou et le président élu Donald Trump, selon le Washington Post.

Mais cette rencontre a également fait de Ben Zayed un homme capable de régler les problèmes pour Trump dans le Golfe. Lorsque Trump a finalement rencontré Mohammed en mars à la Maison Blanche, l’événement a été décrit comme un « tournant ». Trump a profité de l’occasion pour souligner qu’il était en train de rétablir les liens avec le royaume qu’Obama avait gâchés en poursuivant la paix avec l’Iran. Mais le fait de rencontrer Mohammed était plus révélateur que les discussions en elles-mêmes : Trump parlait au futur roi.

Lorsque James Mattis, le secrétaire américain à la Défense, a effectué en retour une visite à Riyad le week-end dernier, il a vu le roi Salmane et Mohammed. Ben Nayef, l’ancien homme de confiance de Washington dans le royaume, avait disparu de la scène.

Acte III : Les décrets de séparation

C’est maintenant que commence l’acte III. Le samedi 22 avril 2017, le roi Salmane a émis 40 décrets. Le plus important visait à restaurer la popularité de Mohammed en rétablissant les allocations financières pour les fonctionnaires et le personnel militaire que Vision 2030 avait réduites. Étrangement, Mohammed s’est vu accorder le crédit de cette mesure, bien que la décision de réduire les allocations ait été la sienne en premier lieu. L’objectif était de diminuer encore plus le rôle de son cousin Ben Nayef dans tout cela.

Dans d’autres décrets, le frère cadet de Mohammed, Khaled, a été nommé ambassadeur aux États-Unis. La seule expérience de Khaled en matière de diplomatie internationale est sa présence aux commandes d’un F16 en tant que pilote de chasse. Curieusement, dans ce même lot de décrets, un ministre a été congédié pour avoir employé son fils. Mais cette règle ne s’applique pas à la maison des Saoud.


Traduction : « Le prince Khaled ben Salmane, pilote de la Force aérienne royale saoudienne, en compagnie de son frère, le ministre de la Défense, avant son déploiement dans la région du Sud »


Un autre frère de Mohammed, le prince Abdelaziz ben Salmane, a été nommé ministre d’État aux Affaires énergétiques. Un autre membre de la famille proche de Mohammed, son neveu le prince Ahmed ben Fahd ben Salmane, a été nommé gouverneur adjoint de la province orientale riche en pétrole d’ach-Charqiya. Le gouverneur de cette province est Saoud ben Nayef, qui est le frère de Mohammed ben Nayef : L’arrivée du prince en tant que gouverneur adjoint représentait une autre façon de resserrer l’étau autour du prince héritier.

Des dizaines d’autres membres de la famille royale ont obtenu des postes importants, ce qui a accru l’emprise de Mohammed sur celle-ci.

Ainsi, les comptes ont été réglés avec Washington, la famille a été achetée et le peuple est satisfait. Cependant, Ben Nayef se trouve encore sur la route de Mohammed.

Vinrent ensuite des décrets sur l’armée et la sécurité intérieure. Le chef de l’armée, un professionnel de carrière, le lieutenant-général Eid al-Shalwi, a été évincé pour être remplacé par son adjoint, le prince Fahd ben Turki, qui, coïncidence, venait juste de se rendre à Abou Dhabi pour informer Ben Zayed au sujet de la guerre au Yémen.

Le décret clé qui a donné le coup de grâce à Ben Nayef n’avait rien à voir avec le Yémen. Celui-ci visait à créer un Centre pour la sécurité nationale sous la direction de la cour royale. Cet organisme est un rival direct du ministère de l’Intérieur dirigé par Ben Nayef. Le fait que le nouvel organe relève directement de la cour royale est significatif, car Mohammed en a également le contrôle.

Quand il a renoncé à son poste de secrétaire général à la cour pour devenir vice-prince héritier, Mohammed s’est assuré d’y laisser un allié aux commandes. Cet homme était Saoud al-Qahtani, qui s’est forgé une réputation de Tuwaijri 2.0.

L’écrivain saoudien Turki Al-Ruqi, fondateur du journal Al-Wi’ama accusé al-Qahtani d’agir comme un troll sur internet en lançant des campagnes sur les réseaux sociaux contre des cibles sélectionnées afin de terrifier les dissidents.

Al-Ruqi a soutenu qu’al-Qahtani avait accès à une armée de hackers chargés de cibler des sites et d’entacher la réputation de nombreuses personnes.

« Cet homme a beaucoup transgressé, a affirmé Al-Ruqi. Beaucoup de jeunes hommes du pays en ont été victimes. Il a provoqué des tensions dans les relations entre les décideurs et les citoyens du pays. Il a mis à mal l’immunité dont sont censés jouir les ministres et les hommes d’État. »

Il est certainement vrai qu’un certain nombre de voix saoudiennes de premier plan ont été réduites au silence, comme celle de Jamal Khashoggi, l’un des principaux analystes du pays au sein de l’establishment.

Acte IV : La chute de la maison

Quid de l’acte IV ? Nous devons encore connaître le sort qui attend le prince héritier Ben Nayef. L’administration Trump l’ignore. Il est tenu à l’écart de rencontres importantes et son cousin dispose désormais de tout le pouvoir.

Jeu, set et match ?

Cela y ressemble. L’ancien axe contre-révolutionnaire a été restauré avec l’ajout d’un nouveau visage, celui de Mohammed. Il est accompagné de deux anciens visages, Ben Zayed et le président égyptien Sissi, qui sont également apparus à Riyad le week-end du 22-23 avril  pour faire la paix après une brève dispute. L’administration naissante de Trump se range fermement derrière chacun d’entre eux, avec la bénédiction d’Israël.

Tout est revenu à la situation qui existait sous le roi Abdallah. Lorsque le roi Salmane a discuté avec Trump, il a pris soin de souligner que Ben Laden avait été membre des Frères musulmans.


Le chanteur saoudien Mohammed Abdou – surnommé le « Paul McCartney » saoudien – se produit à Riyad en mars 2017 alors que Mohammed ben Salmane, le roi Salmane et Mohammed ben Nayef sont projetés en arrière-plan (AFP)


Il y a cependant une petite différence.

Les Arabes, de l’Atlantique au Golfe, ont changé. Ils ont versé du sang, perdu leur maison, leur famille, leur emploi et leur liberté. Des milliers sont en prison. Des milliers d’autres se sont noyés en Méditerranée. Des millions ont été déplacés. Ils ne sont plus impressionnés par leurs dirigeants absolus, avec leurs privilèges absolus et leur richesse absolue. Et ils sont prêts à se battre pour les droits fondamentaux de l’homme.

La maison des Saoud, avec toutes ses intrigues à sa cour, où Abdallah s’est fondu en Salmane puis en Mohammed, n’a pas changé. L’accès au pouvoir dépend de l’arbre généalogique. Le fait d’être un frère ou un demi-frère a son importance.

Les portefeuilles ministériels sont toujours transmis de père en fils comme des biens personnels. Les professionnels sont toujours remplacés par des pistonnés. La famille place un pouvoir énorme entre les mains d’un seul homme. Elle commet des erreurs gigantesques au Yémen et en Syrie. Et malgré sa richesse inimaginable, la maison des Saoud demeure un château de cartes.


Acte Final : Mohammed ben Salmane, Prince saoudien du chaos

Par David Hearst, publié le 22 juin 2017

L’acte final de la révolution de palais  dont je parle depuis que le roi Salmane a pris le pouvoir vient de s’achever. Tout le monde s’attendait à un coup d’État contre le Qatar. En fait, le coup d’État s’est déroulé au sein du royaume lui-même.

Cela s’est passé au milieu de la nuit après le fajr, la prière musulmane qui annonce l’aube d’un nouveau jour, et des millions de Saoudiens se sont réveillés dans une nouvelle réalité : Un prince de 31 ans sera le prochain roi.

Le départ de son père, le roi Salmane – dont le discours prononcé en direct à la télévision pendant la visite de Trump à Riyad était incompréhensible pour beaucoup qui l’ont entendu en arabe – n’est plus qu’une formalité. Mohammed Ben Salmane est désormais roi, sans en porter le titre.

Pas à pas, le dernier obstacle à l’ascension vertigineuse de Mohammed ben Salmane au pouvoir, à savoir son cousin, Mohammed ben Nayef, a été dépouillé de son pouvoir. Il ne pouvait rien faire pour l’arrêter, mais il s’est battu jusqu’au bout.

Tout d’abord, sa cour royale s’en est allée et un conseil de sécurité nationale a été créé par-dessus son autorité. Ensuite, son ministère a été dépouillé de son rôle de procureur. Puis a été lancée l’opération visant à isoler le Qatar, l’un de ses alliés les plus proches.

C’est un système tribal. Donc, si le cheikh de votre tribu s’engage dans une voie, vous ne pouvez que le suivre. L’assentiment ne doit toutefois pas être confondu avec le consensus. C’était prévu, mais ne vous méprenez pas : C’est le plus grand choc qu’a connu la maison royale saoudienne depuis que le roi Saoud a été contraint d’abdiquer par le prince Fayçal en 1964.

Qu’est-ce que cela signifie ?

Tous les leviers du pouvoir sont maintenant entre les mains d’un homme jeune, inexpérimenté et qui aime prendre des risques. En tant que ministre de la Défense, il s’est en effet, en peu de temps, fait une réputation d’imprudent.

Il a lancé une campagne aérienne contre les Houthis au Yémen et a ensuite disparu en vacances aux Maldives. Le secrétaire américain à la Défense n’a pas pu le joindre avant plusieurs jours. Dix mille morts plus tard, les Houthis sont encore fermement ancrés dans la capitale Sanaa, le sud libéré s’est émancipé du contrôle d’Abd Rabbo Mansour Hadi et une épidémie de choléra a éclaté.

Chaque dossier que ben Salmane a traité s’est retrouvé dans la déchiqueteuse de bureau.

Il a d’abord introduit l’austérité en imposant de fortes réductions de salaire aux employés du gouvernement, avertissant que le pays serait en faillite en cinq ans. Ensuite, il est revenu sur ces réductions, affirmant que la stabilité financière avait été atteinte. Puis, il s’est engagé à dépenser jusqu’à 500 milliards de dollars en matériel militaire américain.

Aujourd’hui, tous les Saoudiens, dans le royaume marqué par l’austérité, auront une semaine supplémentaire de vacances pour l’Aïd, soit deux semaines environ au total.

Les menus détails de chacune de ses décisions impulsives, comme la façon dont chacune d’entre elles sera effectivement concrétisée, manquent. Le plan visant à mettre à la vente jusqu’à 5 % de la compagnie pétrolière publique Aramco sur les marchés de New York et de Londres a déjà suscité des avertissements relatifs aux risques juridiques d’une cotation à New York ou d’un recours collectif concernant les exigences de déclaration des réserves d’État, outre les mises en garde émanant des familles des victimes des attentats du 11 septembre 2001. Il existe également une opposition à Londres.

C’est la même histoire en Syrie. N’oublions pas qui a fourni aux groupes combattants en Syrie certains de leurs hommes les plus violents. C’était sous le mandat du prince Bandar ben Sultan en tant que secrétaire à la sécurité nationale du royaume saoudien que 1 239 détenus dans le couloir de la mort – y compris des violeurs et des meurtriers – ont été libérés à condition qu’ils partent faire le « djihad en Syrie ». C’est indiqué noir sur blanc dans un mémo daté du 17 avril 2012.

Sous le règne de Salmane, le royaume est passé de l’organisation de l’opposition syrienne dans les moindres détails (jusqu’à dicter au chef du comité de négociation à Genève à quel moment la délégation devait partir pour l’aéroport pour assurer la rupture des négociations) à la perte totale d’intérêt pour les rebelles. En tant qu’allié des Saoudiens, vous pouvez être abandonné à votre sort à tout moment.

Que ce soit au Yémen, en Syrie ou au Qatar, le prince héritier a déjà obtenu un autre titre : Le prince du chaos.

Le mentor de ben Salmane


Résultat de recherche d'images pour "Mohammed bin Zayed  mohammed bin salmane saoud"Mohammed bin Zayed,  prince héritier d’Abou Dhabi et commandant suprême adjoint des forces armées des EAU


Il a, toutefois, suivi les instructions. Comme Middle East Eye l’a signalé à l’époque, le mentor du jeune prince, Mohammed ben Zayed, le prince héritier d’Abou Dhabi, lui a donné deux conseils pour accélérer son ascension vers le trône.

Le premier était d’ouvrir un canal de communication avec Israël. Ce qu’il a fait, et maintenant, sous son commandement, le royaume est plus proche qu’il ne l’a jamais été de nouer des liens commerciaux avec Tel Aviv. Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, et Nikki Haley, l’ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, suivent le même scénario concernant la tentative de placer sur liste noire le Hamas.

La deuxième instruction était de réduire le pouvoir des autorités religieuses dans le royaume.

Bien que ben Salmane ait réduit l’influence de l’establishment religieux sur la vie quotidienne des Saoudiens, il l’utilise pour renforcer son autorité. Une série de tweets rédigés par le Comité saoudien des grands oulémas démontre comment la religion a été pliée au service de la politique.

Voilà ce que cette organisation d’érudits a déclaré au sujet des Frères musulmans :

« Les Frères musulmans ne sont pas de ceux qui sont sur le bon chemin. Al-Luhaidan, qu’Allah le protège »

« [Les membres] de la Confrérie sont des partisans qui cherchent seulement à s’emparer du pouvoir, ils ne se soucient pas d’appeler à corriger la foi. Al-Fawzan, qu’Allah le protège »

Plus important, ce tweet :

« Il n’y a rien dans le Livre et la Sunna qui autorise la multitude de partis et de groupes [politiques]. Au contraire, ils censurent une telle chose. »

Le message est terriblement limpide. Les partis politiques ne sont pas autorisés. Nous ne vous donnons pas la démocratie, mais la théocratie et l’autocratie.

Même le timing du dernier acte de cette révolution de palais importe. Le prince ben Salmane a reçu l’allégeance de sa famille et du public à La Mecque lors de la 27e nuit du Ramadan, Laylat al-Qadr, la nuit du Destin, lorsque les prières sont magnifiées en importance mille fois. C’est la nuit la plus importante du calendrier islamique.

Ce n’est pas un futur roi qui a l’intention de neutraliser le rôle de la religion dans les affaires de l’État. Il l’utilise pour établir son propre règne autocratique.

Ensuite, le Yémen

C’est l’effet Trump en action. Les ambitions de ben Salmane concernant la prise du trône saoudien et les plans de ben Zayed pour imposer la dictature sur l’ensemble du Golfe ont précédé l’arrivée du président le plus dangereux de l’histoire américaine moderne. Mais la visite de Trump à Riyad a donné le coup d’envoi.

En quelques jours, les chars de l’axe ben Salmane-ben Zayed se sont mis en branle, d’abord contre le Qatar, puis contre ben Nayef.

Le Yémen est leur prochaine cible. Comme nous l’avons signalé, il y a eu une dispute majeure entre le président yéménite en exil, Hadi, qui est à Riyad, et les forces locales à Aden contrôlées par les Émiratis. Les deux principaux partenaires de la campagne contre les Houthis soutiennent des parties qui s’affrontent dans le sud du Yémen.

Ceci, si je comprends bien, sera prochainement résolu. Ben Salmane a rencontré Tahnoon ben Zayed, le frère de Mohammed ben Zayed et son chef de la sécurité, pour lui dire d’apaiser la situation dans le sud du Yémen.

Ben Salmane a déclaré à Tahnoon ben Zayed qu’une fois qu’il serait prince héritier, il abandonnerait Abd Rabbo Mansour Hadi et le remplacerait par Khaled Bahah, proche des Émiratis.

Bahah a récemment visité Riyad pour reprendre contact avec la nouvelle administration saoudienne. Une offensive à grande échelle contre Islah, la faction liée aux Frères musulmans au Yémen, sera lancée.

Voilà alors la nouvelle aube qui n’attend pas seulement les Saoudiens, mais des millions de personne dans la région. Si ces plans se poursuivent, cela soumettra la région à des dizaines d’années de turbulences, de guerres civiles, de conflits par procuration et d’effusions de sang.

Comme larrons en foire ?

Cependant, les larrons ont l’habitude de se brouiller. Ben Zayed, l’architecte de cette campagne contre l’islam politique et toutes les forces qui défendent la démocratie dans la région, convenait aux desseins de ben Salmane jusqu’à maintenant. Le prince héritier d’Abou Dabi l’a mis en pole position pour devenir roi.

Cependant, une fois que ben Salmane sera au pouvoir, le jeune roi pourrait ne plus se satisfaire d’être conseillé par le prince héritier d’un État beaucoup plus petit. Leurs intérêts peuvent facilement diverger. Nous l’avons déjà constaté en Égypte, où les Saoudiens ont installé un dictateur militaire, avant de découvrir que leurs hommes de paille ne les soutenaient pas dans leur campagne contre l’Iran.

Le deuxième facteur est que l’axe ben Salmane-ben Nayef créera par inadvertance de nouvelles alliances pour contrer leur domination. La fermeture des frontières saoudiennes avec le Qatar a déjà accéléré l’arrivée de troupes turques à Doha. Cela peut également obliger la Turquie, le Koweït et Oman à se réconcilier avec l’Iran. Le fossé créé par la guerre syrienne entre le Hezbollah et le Hamas peut également être rapidement comblé.

Lorsque père et fils sont arrivés au pouvoir après la mort du roi Abdallah, il existait l’espoir qu’ils puissent unir les sunnites et fournir un leadership qui faisait cruellement défaut. Au lieu de cela, ils l’ont peut-être irrémédiablement fragmenté et divisé.

– David Hearst est rédacteur en chef de Middle East Eye. Il a été éditorialiste en chef de la rubrique Étranger du journal The Guardian, où il a précédemment occupé les postes de rédacteur associé pour la rubrique Étranger, rédacteur pour la rubrique Europe, chef du bureau de Moscou et correspondant européen et irlandais. Avant de rejoindre The Guardian, David Hearst était correspondant pour la rubrique Éducation au journal The Scotsman.

Les opinions exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation : source 

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101 réflexions au sujet de “Game of Thrones chez les Al Saoud saison 2 : Le Coup d’État royal a eu lieu!”

  1. Bonsoir salam et 3idkoum moubarek à tous. Salutations fraternelles à mes amis d’hier et d’aujourd’hui, Shérazad , Tony et Houd Houd.

    Game of Thrones est l’un des sujets les plus captivants que j’eusse à lire, car il s’agit d’événements présents, qui se déroulent dans notre époque.
    Pourquoi est-ce important de situer une époque par rapport à une autre?
    C’est tout simple : Al qourtoubi était contemporain de l’Andalousie (13è siècle) et sa tadhkira se réfère à son époque. Comment pouvait-il savoir que la Mahdi viendrait du Maghreb, alors que l’intéressé lui-même ne saura pas qui il est et qu’il n »en sera instruit en une nuit? ( selon le hadith).
    En une nuit, voudra dire que nul ne doit savoir qui il est, ni lui-même, d’ailleurs et quand Dieu le Décidera, alors, IL l’instruira en une nuit. Pourquoi?
    Les raisons sont simples et l’histoire le démontre. Toute la descendance du Prophète ( Salawatou Allah 3aleyhi wa salem) a été persécutée et assassinée, si tant est que, et d’après le lien fourni par notre frère et ami Tony, les Abbassides envoyèrent des gens pour éliminer un des descendants qui a trouvé refuge au Maghreb et qu’un autre descendant trouva refuge chez les Omeyyades en Andalousie.
    C’est assez étrange qu’un ou des descendants de Al Hassan et de Al Houcine soient persécutés par les Abbassides qui, soit-dit en passant, sont leurs ascendants et puissent demander refuge aux Omeyyades qui, d’après les chiites, ont assassiné Al Houcine et qui, d’après les sunnites, dont Moawya a refusé de faire allégeance au 4è calife et qui est leur père, Ali (ra).
    Pour toutes ces raisons, nul ne doit savoir, à toutes les époques, qui est le Mahdi et, à fortiori, le pays ou la région d’où il est ou sera issu.

    Le prophète Mouhammed (SAWS) a-t-il, réellement, rencontré ces gens venus du Maghreb et qu’on appelle « les Berbères »?
    Oui, si l’en tient compte du hadith ci-dessus ( Nafi3 beni 3outayba), oui encore d’après d’autres ahadiths occultés ou cachés.
    Oui, des Berbères ont rencontré le prophète, ainsi que Aïcha ( Radhiya Allahou an3ha) et que le prophète (SAWS) a recommande de bien les traiter car, disait-il, c’est d’eux que la religion renaitra après sa disparition dans cette région (Arabie) et ça concorde avec le hadith de ibn 3outayba et ça va encore plus loin avec le contenu du-dit hadith  » Ils combattront et vaincront la péninsule arabique, les Perses, les Roum , l’Antéchrist…. »
    A quel degré faut-il prendre ce hadith? C’est à dire est-ce dans un futur proche ou bien hormis l’Antéchrist, ce sont des faits qui se sont déjà déroulés?
    On sait que l’Antéchrist sera anéanti par Issa benou Meriem ( Alleyhi salem), il nous reste la péninsule arabique, les Perses et les Roums.
    Ces Berbères iront-ils jusqu’à la péninsule arabique pour les combattre, ensuite les Perses et les Roums? On sait que les Berbères ont déjà combattu les Arabes, les Perses et les Roums ( Byzantins) dans un passé lointain. concernant les Perses, je crois qu’il s’est agi de la dynastie chiite des Fatimides, qui, paradoxalement, était à 99% berbère de l’Est algérien et que son émir ou imam était venu de Perse et qu’ensuite ils se sont repliés en Égypte et fondèrent Le Caire et la Mosquée Al Azhar.
    Le Maghreb est-il arabe ( comme le suggère l’auteur)?
    Le Maghreb est musulman dans sa quasi totalité mais pas arabe, autrement le hadith deviendrait caduque. Pourquoi des Arabes maghrébins iraient combattre des Arabes de la péninsule arabique, alors qu’il y a beaucoup d’Arabes sur place pour le faire? Car d’après ce qu’on voit ce qu’ils ont fait de la Mecque et de ce qu’ils vont faire avec cette méga cité nommé NEOM on se demande qu’est-ce qu’ils attendent, les Arabes des alentours, pour stopper ces folies et c’est là que la hadith de ibnou 3outayba prend son sens.
    Ce sont ces gens venus du Maghreb vêtus de laine qui vont combattre cette péninsule arabique et voila pourquoi la descendance du Prophète est venue trouver refuge chez les Berbères, voilà pourquoi le Prophète avait recommandé de bien les traiter, car ils auront un rôle important et déterminant à jouer, comme ce fut le cas dans l’Andalousie….
    Des fois, je me dis et si toutes ces conquêtes et invasions n’avaient, en fait, qu’un seul but ; celui de persécuter et partir à la chasse de cette descendance venue en terre de Berbèrie (d’où serait issu le Mahdi?) qu’on appelle faussement  » Maghreb arabe », terme usité pour la première fois par Kadhaffi.

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  2. @ Poutchino, aleykum salam mon ami et frère et aidek mabruk.

    Un plaisir de relire ta plume mon cher Poutchino et en effet le Maghreb est avant tout islamique .Comme d’habitude tu nous apportes une analyse bien affutée.

    Les chorfas arabes n’étaient pas nombreux à leur arrivée au Maghreb et si on parle d’un point de vu strictement génétique c’est une goutte d’eau par rapport à la masse berbère et bien avant les « colons » arabes il y’a les phéniciens et les romains…

    Mais les seuls qui ont réussis à s’installer durablement tout en apportant une révolution spirituelle,politique, philosophique , social et dogmatique furent les descendants indirects du prophète ‘aleyhi salat wa salam qui ont fait de cette région du monde un futur bastion pour les événements de la Fin des Temps. Loin du pouvoir central , de Baghdad et des Iznogoud.

    Barak Allahu fik pour ton interprétation sur le hadith qui donne la victoire aux Maghrébins sur les Arabes, les Perses, Les Rûms et l’Antéchrist, j’avais zappé les événements passés que tu cites étant certains que ce hadith ne s’était pas encore réalisé et en effet ton interprétation se tient même si à titre personnel je pense que ce hadith est toujours d’actualité ou du moins concerne un avenir proche et Allahu a’lem mon frère, les 2 lectures sont valables.

    Arabe et Perse = Wahhabite et Chiite et les gens du Couchant (Maghreb) ne cesseront d’assumer la défense de la vérité jusqu’à l’arrivée de l’heure conformément au hadith de Muslim. En effet les Maghrébins ne sont ni chiites ni wahhabites.

    Par conséquent la délivrance ne viendra ni d’Arabie occupée et encore moins d’Iran mais du Maghreb et son peuple en sortira victorieux.

    Pour la victoire sur les Rûms et le Dajjal, je pense que c’est clair et ça nous indique aussi et surtout la proximité des Maghrébins avec Issa ‘aleyhi salam lors de son retour , car la victoire sur le borgne ne peut se faire sans lui.

    Que d’honneurs pour les Maghrébins 🙂

    Paix et Bénédiction d’Allah sur le Maghreb et sur son peuple.

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  3. Un point sur la situation chez les cornus du Najd et de leur game of thrones ;

    La Dynastie des Al Saoud dans la tourmente.

    « Il y a quelques temps seulement, qui aurait imaginé que la situation politique, économique, religieuse et sociétale en Arabie Saoudite connaitrait une telle confusion et des tendances aussi claires vers la guerre civile et vers un effondrement militaire sur le front yéménite ?

    MBS est loin d’avoir pris le pouvoir même s’il a pris le contrôle des rouages essentiels de l’Etat en matière de sécurité et en matière économique et malgré le soutien puissant et secret que lui apportent J. Kushner et la société cabaliste des Loubavitch, ainsi que le Mossad.

    Le dernier signal en date sur cette situation déstabilisée au Royaume des « surfaces lisses » est le fait que le Roi Salmane, qui tarde à mourir de mort naturelle pour laisser la place à qui de droit, a décidé de ne pas aller à l’étranger et passer ses « vacances » dans Neom.

    Neom n’est actuellement qu’une bourgade dans la région de Tabuk à l’Ouest du royaume sur la mer rouge et frontalière avec l’Egypte et la Jordanie. Au stade actuel, Neom n’est qu’un projet soi-disant visionnaire de spécialistes du Mossad sous couverture de société de consulting. Une fois n’est pas coutume des sources proche du Palais ont fuité à Reuters que la raison de l’annulation du voyage du Roi Salmane pour ses vacances à l’étranger a été due au fait qu’il lui fallait rester sur place à cause de dissensions au sein de la famille régnante.

    Ces dissensions qui montent en gravité avec le temps et les exactions qu’engendrent la politique infantile et dictatoriale d’un MBS mal conseillé par un MBZ qui ne veut pas que du bien au Royaume, sont dorénavant un secret de polichinelle.

    Des rumeurs disent que le Roi Salmane a exigé de son fils de lui amener sa femme, la mère de MBS que ce dernier parait-il avait mise en résidence surveillée car elle était contre toutes les perturbations qui ont été apportées à la tradition au sein de la famille des Al Saoud.

    Retenons donc le fait que MBS est en voie d’être isolé au sein de sa propre famille. Cette situation explique le fait qu’il n’a plus d’activités publiques, probablement parce qu’il a peur d’un attentat qui ne peut venir que de son proche entourage et sur conseil des USA. Sur le plan économique, c’est le marasme total. Les actions de l’ARAMCO n’arrivent pas à être négociées au prix dont avait rêvé MBS et ses conseillers.

    Les caisses de l’Etat ont été vidées par les soutirages éhontés que Trump et Jareed ont imposés à MBS.Il y a quelques temps seulement, qui aurait imaginé que la situation politique, économique, religieuse et sociétale en Arabie Saoudite connaitrait une telle confusion et des tendances aussi claires vers la guerre civile et vers un effondrement militaire sur le front yéménite ?

    MBS est loin d’avoir pris le pouvoir même s’il a pris le contrôle des rouages essentiels de l’Etat en matière de sécurité et en matière économique et malgré le soutien puissant et secret que lui apportent J. Kushner et la société cabaliste des Loubavitch, ainsi que le Mossad. Le dernier signal en date sur cette situation déstabilisée au Royaume des « surfaces lisses » est le fait que le Roi Salmane, qui tarde à mourir de mort naturelle pour laisser la place à qui de droit, a décidé de ne pas aller à l’étranger et passer ses « vacances » dans Neom.

    Neom n’est actuellement qu’une bourgade dans la région de Tabuk à l’Ouest du royaume sur la mer rouge et frontalière avec l’Egypte et la Jordanie. Au stade actuel, Neom n’est qu’un projet soi-disant visionnaire de spécialistes du Mossad sous couverture de société de consulting. Une fois n’est pas coutume des sources proche du Palais ont fuité à Reuters que la raison de l’annulation du voyage du Roi Salmane pour ses vacances à l’étranger a été due au fait qu’il lui fallait rester sur place à cause de dissensions au sein de la famille régnante.

    Ces dissensions qui montent en gravité avec le temps et les exactions qu’engendrent la politique infantile et dictatoriale d’un MBS mal conseillé par un MBZ qui ne veut pas que du bien au Royaume, sont dorénavant un secret de polichinelle. Des rumeurs disent que le Roi Salmane a exigé de son fils de lui amener sa femme, la mère de MBS que ce dernier parait-il avait mise en résidence surveillée car elle était contre toutes les perturbations qui ont été apportées à la tradition au sein de la famille des Al Saoud.

    Retenons donc le fait que MBS est en voie d’être isolé au sein de sa propre famille. Cette situation explique le fait qu’il n’a plus d’activités publiques, probablement parce qu’il a peur d’un attentat qui ne peut venir que de son proche entourage et sur conseil des USA. Sur le plan économique, c’est le marasme total. Les actions de l’ARAMCO n’arrivent pas à être négociées au prix dont avait rêvé MBS et ses conseillers. Les caisses de l’Etat ont été vidées par les soutirages éhontés que Trump et Jareed ont imposés à MBS. »

    http://www.libertepolitique.com/Actualite/Decryptage/La-Dynastie-des-Al-Saoud-dans-la-tourmente

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  4. Et tout ceci finira dans un bain de sang…

    « Les gens accompliront le pèlerinage ensemble et se rassembleront sans imam. Les pèlerins seront dévalisés et il y aura une bataille à Mina au cours de laquelle nombre d’entre eux seront tués et le sang coulera jusqu’à la Jamra al-‘Aqaba (Jamra : un pilier rocheux qui représente Satan, contre lequel on lance des pierresau cours du pèlerinage). (Amr ibn Shu’ayb, al-Hakim et Nu’aym ibn Hammad)

    « Les gens feront le pèlerinage sans qu’ils soient guidés par un imam. Des conflits importants surviendront à Mina, les tribus se disputeront comme des chiens et il y aura effusion de sang ». (Al-Muttaqi al- Hindi, Al-Burhan fi Alamat al-Mahdi Akhir al-zaman, p. 35

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  5. Fayçal ben Abdelaziz Al Saoud aux côté de son maitre Yoda ;

    Photomontage réalisé par l’artiste Abdullah Al Shehri.

    Ok , mais comment cette photo s’est elle retrouvée dans les manuels scolaires saoudiens ???

    https://www.ladepeche.fr/article/2017/09/26/2653185-photo-maitre-yoda-cotes-roi-arabie-saoudite-manuel-scolaire.html

    Aucune réponse et c’est bien trop gros pour que ça soit une erreur…Normal quand on cherche un peu on s’aperçoit que Yoda est déjà là au moyen âge et sans photoshop ;

    Manuscrit du 14ème siècle connu sous le nom de Smithfield Decretals.

    https://www.lematin.ch/loisirs/yoda-manuscrit-moyenge/story/24075627

    Et Star Wars existe bien avant le moyen âge…

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    1. @ Typical, salam aleykum,

      MBS le baril ambulant ne décide de rien du tout…Il s’est juste ramassé dans le mode opératoire.

      Je cite ;

      Israël reproche au royaume saoudien un « assassinat imparfait » en allusion à l’affaire « Khashoggi ».

      « Les Saoudiens n’ont pas appris dûment des leçons israéliennes sur le comment assassiner pour ne pas laisser de traces », a écrit Yediot Aharonot faisant allusion aux étroites coopérations d’ordre militaire et en renseignement qu’entretiennent Riyad et Tel-Aviv depuis longtemps.

      « Si les nouvelles sur l’assassinat de Khashoggi sont correctes, il faudra alors dire que les Saoudiens sont de mauvais élèves dans le domaine du renseignement qu’ils n’ont pas appris à commettre des assassinats comme il faut », a écrit le journal.

      https://www.presstv.com/DetailFr/2018/10/15/577037/isral-arabie-saoudite-jamal-khashoggi-assassinat-cibl-impeccable

      En gros c’est le Mossad avec ses agents saoudiens qui ont fait du travail de bouchers…Ils ont juste décapité et démembré le gars…La même barbarie que Daesh et leurs autres affiliés.

      Ils butent qui ils veulent et ne s’en cachent même plus…Une remontrance fraternelle de sionistes à wahhabites à la face du monde.

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    2. @ Typical,

      Tu as tout résumé mon frère et tout comme toi je suis loin d’être un spécialiste en géopolitique…car c’est une discipline qui me barbe…une fois que t’as compris le manège c’est une pure perte de temps.

      2 camps s’affrontent ;

      1/ les kabbalo-sionistes incluant les wahhabites, l’OTAN et les states

      2/ Les kabbalo- loubavitch incluant la Russie, l’Iran, la Chine.

      Entre les 2 t’as la Turquie qui fait la girouette…

      Dans un sens comme dans l’autre c’est une affaire de kabbalo-satanistes et à qui aura la plus grosse part de gâteau dans le nouveau monde et l’objectif dans un sens comme dans l’autre est de manifester leur maitre hybride et borgne.

      Dans ces conditions et ce contexte on comprend mieux le message de ta vidéo 2022 que tu as posté par ailleurs.

      Enfin on est 2 à surveiller le Yemen 😉

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  6. @ tony alaykoum salam!

    Merçi pour ton éclairage. Je dois t’avoué que je regarde rarement ce qui se passe en Arabie saoudite, je préfère regardé ce qui passe du coté du Yémen 😉. (Comprendront ceux qui peuvent et ceux qui suivent)…

    En tout cas c’est si je comprends bien ya toujours un grand pop ou un grand stratéguerre qui mène la danse en coulisse et son padawan sur le devant de la scène.

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  7. Petite rencontre entre sionistes notoires , admirez le soleil à gauche et la ville à droite sur un fond marron (NEOM ? )

    MBS reçoit une délégation de chrétiens évangéliques américains

    « Le prince héritier saoudien, Mohammad ben Salmane, a reçu jeudi une délégation de chrétiens évangéliques américains, rapporte l’agence Reuters qui souligne que ce rare entretien intervient alors que le royaume ultraconservateur musulman tente d’atténuer son image d’intolérance religieuse. »sic.

    https://www.lorientlejour.com/article/1141761/mbs-recoit-une-delegation-de-chretiens-evangeliques-americains.html

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    1. @ Tono Tony alaykoum salam

      Oui il y a que ça depuis le début sur le blog mais la pourquoi je le soulignes c’est parce que les autres sujets des reportages Arte sont tjrs en ligne.

      Ya quelques mois lorsque toi et moi on envoyait sur les saouds j’ai verifié les stats on a battu un record de vues venant de la bas

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  8. Ce qui intéressant dans ce reportage c’est qu’on peut constater encore une fois que c’est bien une rivalité entre Pharisiens (Arabie saoudite, Émirats arabes unis) et Saduccéens (Qatar).

    Un phénomène de polarisation doctrinale comme à l’époque Īša (as).
    Aujourd’hui deux courants polarisent le monde musulman les salafistes et les frères musulmans.

    https://www.algeriepatriotique.com/2017/06/05/wahhabites-contre-freres-musulmans/

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    1. Et si Allah nous préte vie , nous nous attarderons sur les frères musulmans car nous avons beaucoup parlé des wahabbo-salafo-frankistes en perte de vitesses dans le monde, en Europe et dans les quartiers populaires.

      Le Qatar a une mission en attendant le Leadership de NEOM , préparez et accompagnez les musulmans dans cette singularité technologique.

      « La singularité technologique (ou simplement la singularité) est l’hypothèse selon laquelle l’invention de l’intelligence artificielle déclencherait un emballement de la croissance technologique qui induirait des changements imprévisibles sur la société humaine. »

      NEOM, transhumanisme et toussa…

      Les 3 pays dans le reportage font partie du Najd ;

      Le Prophète (sawas) dit :
      « Seigneur ! Bénis notre Châm et notre Yémen !
      — Et notre Najd ? lui demanda-t-on. — Bénis notre Châm et notre Yémen ! répéta le Prophète (sawas). — Et notre Najd ? lui demanda-t-on encore. — C’est le foyer des séismes et des troubles. C’est de là qu’apparaîtra la corne de Satan, répondit le Prophète (sawas). »

      Dans une autre version ;

      J’ai vu l’Envoyé de Dieu montrer l’orient de la main et dire : « C’est de là qu’éclateront les fitna ! C’est de là qu’éclateront les fitna ! C’est de là que se montrera la corne de Satan ! »

      Le Najd aujour’hui se nomme Saoudie, Qatar et EAU

      « Nejd et Hejaz » devient le royaume d’Arabie Saoudite en 1931.

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